Dans un entretien exclusif accordé à DevHaiti, le directeur général de l’Inspection Générale des Finances (IGF), Wolff Dubic présente une liste non-exhaustive des Organismes Autonomes et des Entreprises Publiques (OAEP).

Selon les constats de Wolff Dubic, les OAEP peuvent peser davantage dans le budget national.
Outre les recettes domestiques, le gouvernement mise sur l’apport des entités pour financer son budget via la rubrique « Autres ». Pour cette année fiscale 2020-2021, dans le décret-budget, l’Exécutif prévoit un apport de 4 milliards de gourdes de la part des Organismes Autonomes et les Entreprises Publiques sont rentables (OAEP), confie Wolff Dubic, le directeur général de l’IGF, un organe chargé de l’inspection, le contrôle, la surveillance et l’audit de ces OAEP. Le DG de l’IGF admet que l’inefficacité des OAEP se résume à une absence de tableau de bord. Pour lui, ces entreprises peuvent peser davantage dans le budget pour réduire l’injustice fiscale.

« Nous sommes sur la bonne voie », assure-t-il, dans une tentative de faire remarquer que l’apport des organismes autonomes et les entreprises publiques au Trésor public dans le budget 2017-2018 était de 3,5 milliards de gourdes et que pour l’exercice fiscal 2020-2021, il passe à 4 milliards de gourdes. Il estime que ces entreprises disposent des moyens nécessaires pour répondre à leurs missions. Pour Wolff Dubic, il suffit de faire appliquer les prescrits et mettre en place les ressources nécessaires pour atteindre les résultats escomptés

Ils sont plus de trente organismes autonomes et entreprises publiques dans la liste. La Banque nationale de Crédit – la Banque de la République d’Haïti – l’Office National d’assurance Vieillesse – la Poste – l’Electricité d’Haïti – l’Autorité Portuaire Nationale – l’Office National de l’Aviation Civile – l’Autorité Aéroportuaire Nationale – les Presses Nationales – L’Office assurance véhicule contre tiers – sont entre autres organismes ou entreprises publiques dans le pays. « La liste est longue», souligne Wolff Dubic. Il y a aussi les entreprises ou l’État haïtien est aussi actionnaire comme les Moulins d’Haïti – la CINA – la Natcom – la SOFIHDES. Il précise toutefois que bon nombre de ces organismes autonomes ne sont pas sous la tutelle du ministère de l’Économie et des Finances.
Wolff Dubic, au cours de cet entretien, rappelle que les OAEP sont contraints de présenter leur budget annuel à l’Inspection Générale des Finances pour des avis de conformité et des recommandations. Mise à part la présentation du budget, obligation leur est faite de présenter un rapport trimestriel et ce, pour suivre l’évolution des dépenses et aussi atteindre les prévisions selon les prescrits du décret du 17 mars 2005. Se référant au cadre légal de création des OAEP, Wolff Dubic est clair : la mtiovation derrière la création de ces institutions est un moyen pour l’État de diversifier ses ressources.
 
Selon les estimations des autorités fiscales, les recettes fiscales devraient augmenter de 43.4 % en passant de 66.4 à 95.2 milliards de gourdes. Les recettes douanières, elles, devraient passer de 22.9 à 32.9 milliards de gourdes, une augmentation de 43.7 %. Les autorités fiscales misent également sur une augmentation significative de 29.2 % de la pression fiscale : 8.4 % contre 6.5 % l’année précédente.