Le président de la République, Jovenel Moise, a, en octobre dernier, fait un choix qui a été quasi unanimement salué par de nombreux secteurs de la vie nationale, y compris des personnalités au sein de la virulente opposition. Il s’agit de Wolff Dubic, Directeur général de l’Inspection Générale des Finances (IGF), chargée du contrôle interne des finances publiques, par rapport à la Cour Supérieur des Comptes qui joue le rôle d’auditeur externe.

Et il a commencé à délivrer la marchandise, malgré les différentes difficultés d’ordre structurel ou conjoncturel rencontrées sur son chemin. Nous avons appris que l’IGF a déjà lancé plusieurs opérations d’audit dans des institutions publiques et organismes autonomes en vue de vérifier l’efficacité et la régularité de leur gestion financière. Et des rapports auraient déjà été rendus ou seraient en phase de finalisation.
Pour l’instant cinq institutions ont fait l’objet de ces audits. Il s’agit de l’Office d’Assurance Vieillesse (ONA), de l’Autorité Portuaire Nationale (APN), de la Banque de la République d’Haïti (BRH), de l’Inspection Générale des Finances (IGF) et de la NATCOM dont l’État haïtien est actionnaire à travers la BRH. Un cadre qui déclare travailler à la Banque centrale depuis plus de 30 ans a indiqué n’avoir jamais vu pareille initiative, de la part d’une instance de l’État, d’auditer une institution comme la BRH.
À l’instigation de l’IGF, des mémorandums ont été adressés par le ministre des finances aux différentes institutions, administrations et différents organismes autonomes ayant reçu ou gérant des fonds publics aux fins de leur enjoindre de coopérer avec les inspecteurs de l’IGF qui a également lancé un inventaire au niveau de toutes les institutions publiques de la République.
L’IGF demande aux institutions autonomes de fournir des rapports financiers, de soumettre leurs budgets, de verser des dividendes au trésor public et de produire régulièrement un rapport sur les prélèvements à la source effectués… et de les verser à la caisse de l’État. Le DG de l’IGF a eu des rencontres de travail avec la Cour des Comptes, le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ), la Fédération National des Maires (FENAM) et des représentants d’autres institutions publiques en vue d’une meilleure compréhension de la mission de l’IGF et des obligations que leur impose la loi.
Des audits sont également prévus dans d’autres institutions dont la police et l’OFATMA, a-t-on appris. Créée depuis 2006, l’IGF, il y a encore peu, était inexistante dans l’opinion publique haïtienne, voire dans certains milieux de l’espace politique, administratif et financier du pays. Après seulement quelques mois à la tête de cet important instrument de contrôle interne, Wolff Dubic et son équipe sont en passe de prouver, à ceux qui pensaient que tout était fini…, qu’il reste encore un brin d’espoir dans la quête de cette vertu d’intégrité qui devra nous permettre de projeter sur l’avenir une lueur de transparence dans la gestion obscure des finances publiques, en particulier et de la chose publique, en général.
On a le droit d’espérer que cette lueur se transformera en flambeau inextinguible, éclatant de lumière, pour guider les pas de nos leaders vers la bonne gouvernance, dans toute l’acception du terme et dans tous ses paramètres. Il s’agit d’un passage obligé vers le développement politique et socio-économique du pays.
On n’hésite généralement pas à condamner les mauvaises décisions quand elles sont adoptées. On doit également prendre l’habitude de saluer les bonnes et courageuses décisions quand elles sont prises. En nommant Wolff Dubic – fonctionnaire intègre, compétent et réputé incorruptible – à la tête de l’IGF, le président Jovenel Moise a fait œuvre qui vaille. Bravo!
 
 
Guyler C. Delva